SOCIETA' ECONOMICA DI CHIAVARI

Les Diari de Alberto Salietti

 


Diari comme Alberto Salietti a voulu nommer les livrets, du n°1 de l’année 1935 au n°38 de l’année 1959-1960, (quelques mois avant que, à Chiavari, il disparaisse pour toujours) de très nombreuses pages recueillent presque quotidiennement ses impressions graphiques et chromatiques sur la vie et sur la réalité naturelle dans laquelle il était profondément plongé.

A ce propos, ses diari sont des informations journalières, grâce auxquelles on peut remarquer les expériences et les observations qu’il pouvait faire.

Habituellement, les journaux sont tenus par les écrivains, qui dans les pages recueillent, le plus souvent, des pensées, des idées, des considérations sur le monde qui les entoure: opinions souvent poignantes sur les gens qu’ils rencontrent et à qui ils ont à faire, ou bien, allusions, observations, indications sur ce qu’ils ont l’intention d’écrire et qui ensuite ne réussissent pas toujours à développer et à concrétiser. Un petit monde intérieur, qui le plus souvent, par sa réserve et ses secrets ne voit le jour qu’après la disparition de l’écrivain.

Il en a été ainsi pour Alberto Salietti et ses diari qui ont été donnés à la Società Economica seulement en 1980, après la mort de la veuve du peintre, l’inoubliable Madame Lydia, et qui aujourd’hui ont été publiés pour la première fois dans ce volume  après avoir fait un choix très soigné parmi les très nombreux dessins à disposition.

De 1935 à 1960 passent vingt-cinq années d’intense travail, de nombreuses expériences artistiques chaleureuses, de résultats toujours plus intéressants, selon une thématique vive et variée qui tire son inspiration la plus spontanée de la réalité de la nature et de la vie.

Ce sont des esquisses à la plume d’une rapidité poignante, dessins au crayon fortement récapitulatifs, effusions chromatiques au toucher éblouissant, détrempes sèches d’un rare savoir pictural, acquarelles d’une vive fraîcheur, à travers lesquelles prennent forme et substance, avec une précision ponctuelle et balayage modulé de traits et de tons, larges vues marines, profonds paysages, aspects caractéristiques de la vie citadine et des villages, compositions rigoureuses d’objets variés, harmonieuses natures mortes, fleurs fulgurantes, théories d’oiseaux et de papillons, intérieurs symbolisés par une intimité secrète, douces figures féminines prises dans leurs attitudes les plus intimes et les plus sensibles, portraits qui, malgré la rapidité du dessin, révèlent une profonde intériorité.

Un monde vif et vibrant fait de réalités naturelles et de présences humaines dans lequel Salietti se plongeait pour satisfaire le propre esprit, en sachant recueillir de rares confidences pour les fixer avec un amour de résistance poétique, avec des couleurs vives et des traits ponctuels dans les nombreuses pages de ses diari.

Tout au long des 25 années de travail rigoureux et de vie intense, l’artiste n’a pas changé les conditions de sa peinture, de sa façon de voir et de sentir les choses et les personnes. Il a su conserver sûrement et fermement son propre langage expressif. Même dans l’instantanéité et dans la rapidité de l’éxécution court la multiplicité visive de la Rivière Ligurienne, des beautés lumineuses de la côte aux profonds intérieurs des pinèdes et des villages, aux visions dorées de Rome symbolisée par l’éternité de ses monuments et de ses précieuses antiquités; des chaudes images de Florence et de la Toscane aux intuitions frissonnantes de Venise, avec ses incroyables apparitions lagunaires; les neiges scintillantes de Bardonecchia aux sévères architectures turinoises et piémontaises. Des images secrètes de Ravenne, où Salietti nacquit, dans la multiplicité de ses monuments aux eaux dorées du Lac de Garde, des constructions primitives d’Alberello aux couleurs intenses de la campagne romaine, du mysthicisme d’Assise au dynasmime de Milan, des lents cours d’eau aux villages prospères de la campagne lombarde jusqu’à Rovetta où se trouvait la maison d’Arturo Tosi.

Dans ces denses et harmonieux diari passent avec une fraîche instantanéité de couleurs et de précision du dessin, les villes et les villages d’Italie, les vestiges fatals de l’Antiquité, les mers et les fleuves, les montagnes et les vallées, les bois et les pinèdes. Passent aussi avec une impétueuse fraîcheur les fameuses localités étrangères, comme Paris qui, lumineuse, resplendit à travers Notre-Dame et Lugano transparente et étendue.

Un itinéraire long et varié qui dura 25 ans, presque toute une vie, alterné de fleurs scintillantes, volatiles sur la table de cuisine, d’instruments musicaux abandonnés après un concert, de papillons embaumés, de fruits variés aux splendeurs chromatiques et avec une interprétation ponctuelle et passionnée, des femmes fières en costume sarde,  des douces figures féminines en mailllot de bain sur la plage,  des groupes d’enfants : portraits approfondis pour en cueillir le caractère et les pensées plus que la ressemblance physique. Parmi ceux-ci, celui de Madame Lydia, révélée maintes fois dans de divers attitudes symbolisant les mutations fatales du temps qui passe, celui du sculpteur Francesco Falcone, en train de travailler dans son bureau et  celui du peintre Luigi Bartolini.

Beaucoup de ces dessins, au crayons de couleur, gouaches, acquarelles, détrempes malgré les petites dimensions et la rapidité d’éxécution, ont servi à Salietti comme allusions, esquisses, études pour la réalisation d’oeuvres de peinture très importantes.

Mais, mis tous ensemble, les dessins des 38 diari, y compris aussi ceux qui n’ont pas servi à l’étude préparatoire ou comme idée d’oeuvres plus grandes et plus engageantes, sont et restent , tout au long de la vie d’Alberto Salietti, de 1935 à 1960, de précieux témoignages d’une puissance expressive fraîche et immédiate de sa pensée artistique et de son passage lumineux sur la terre.

(E. Mastrolonardo)

A présent, la Società Economica permet de «feuilleter» ces diari grâce aux technologies nultimédiales: ils apparaîtront sur un écran puisqu’ils ont été transférés sur des feuilles électroniques. La projection aura lieu provisoirement dans une salle de la Società Economica, en attente de lieux définitifs prévus dans le nouveau complexe muséal du Palazzo Ravaschieri.

 

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